Historique

1925, les heures sombres sont oubliées, Paris retrouve ses fastes et ses lumières. La gaieté et l’humour sont au goût du jour. De Montmartre à la Madeleine, les grands boulevards s’animent. Dans une rue adjacente, à deux pas de là, s’achève la construction d’un théâtre dont personne ne peut prévoir l’exceptionnelle popularité : la Michodière vient de naître.
Construit selon les plans de l’architecte Bluysen et décoré par Ruhlmann, le Théâtre de la Michodière est inauguré le 16 novembre 1925 avec L’Infidèle éperdue, de Jacques Natanson. Passionnément, une comédie musicale de Maurice Hennequin et Albert Willemetz, sur une musique d’André Messager, prend la suite. C’est le premier grand succès de la Michodière. En 1927, Victor Boucher prend la direction du théâtre, et trouve en Edouard Bourdet l’auteur « maison » qui donnera ses lettres de noblesse à la Michodière. Ses œuvres demeurent des classiques du théâtre de boulevard et seront reprises de nombreuses fois un peu partout dans le monde.

En 1937, une femme battante et moderne, la grande Yvonne Printemps apporte son nom, son charisme et ses compétences au service de la Michodière. Son union avec Pierre Fresnay, monstre sacré de l’après-guerre, sera décisive dans le choix des pièces jouées à la Michodière. Le cap des années quarante fait évoluer les goûts ; Fresnay et Printemps dirigent tous deux le théâtre et lancent de nouveaux auteurs : Anouilh et Roussin pour ne citer que les plus célèbres. Ils confient la direction artistique à l’avant-gardiste François Périer qui découvrira Marcel Achard, Félicien Marceau, Françoise Dorin et Jean-Loup Dabadie entre autres. La Michodière devient une référence de qualité et de bon goût. En 1975, Pierre Fresnay disparaît. Sans lui, la Michodière n’est plus ce qu’elle était, et lorsque deux ans plus tard, Yvonne Printemps se retire, c’est le désarroi total. La Michodière est laissée à l’abandon.

En 1981, Jacques Crépineau prend la direction du théâtre. Secrétaire général et directeur artistique dans de nombreux théâtres, son expérience est indiscutable. La Michodière se réveille. Avec Poiret et Dabadie, le théâtre de boulevard trouve de nouveaux maîtres. Leurs essais sont prometteurs et favorablement accueillis par le public et la critique. Après quelques tâtonnements, Jacques Crépineau a une inspiration : Feydeau ! Son idée : jouer du Feydeau actuel ; il monte La Puce à L’oreille. Le choix des comédiens, la mise en scène de Jean-Claude Brialy, les décors et les costumes modernes font de cette pièce un véritable succès. Pendant plus de trente ans, Jacques Crépineau préside, avec brio et talent, à la destinée du Théâtre de la Michodière. Il y accueille les plus grands auteurs, metteurs en scène et comédiens dont Daniel Auteuil, Sabine Azéma, Michel Blanc, Josiane Balasko, Richard Berry, Christian Clavier, Michel Galabru, Claude Gensac, Roland Giraud, Robert Hirsch, Gérard Jugnot, Chantal Ladesou, Martin Lamotte, Gérard Lanvin, Michèle Laroque, Fabrice Luchini, Jacqueline Maillan, Pierre Mondy, Francis Perrin, Jean Poiret, Daniel Prévost, Line Renaud, Claude Rich… pour ne citer qu’eux. Il perpétue ainsi la tradition d’un théâtre divertissant de grande qualité. Jusqu’à sa disparition à l’été 2017, Jacques Crépineau a conservé un bureau et veillé avec bonheur sur ce théâtre qu’il a tant aimé.

En avril 2014, le Théâtre de la Michodière est racheté par la société vente-privée.com, fondée par Jacques-Antoine Granjon, associé à l’homme d’affaires et producteur Richard Caillat et à Stéphane Hillel, acteur, metteur en scène et directeur du Théâtre de Paris - ce théâtre ayant été repris deux ans plus tôt par les trois mêmes associés. Grâce à cette nouvelle énergie, le Théâtre de la Michodière offre toujours plus de divertissement et de bonheur aux spectateurs avec une programmation ambitieuse et prestigieuse : Le Diner de cons, Hibernatus, Représailles, La Candidate, Croque-Monsieur, Tant qu’il y a de l’Amour… Et bien sûr les plus grands artistes : Marie-Anne Chazel, Michel Sardou, Amanda Lear, Fanny Ardant, Patrick Chesnais, Laurent Gamelon, Fabrice Luchini…

L’histoire continue, encore plus belle…